Twitter et Wikipédia tuyaux crevés ?
Wikipédia comporte parfois des erreurs et il arrive que les journalistes qui utilisent l’encyclopédie libre reprennent ces mêmes erreurs dans leurs articles. Nous avions vu des exemples dans ce billet. Dans le même billet, j’évoquais l’indispensable critique des sources, travail que tout bon journaliste devrait faire avant de publier quoique ce soit.
Mais le monde actuel va peut être trop vite pour laisser le temps de faire ce travail. Sur l’exemple de Wikipédia, ils (les journalistes) devraient être plus scrupuleux mais aujourd’hui avec la montée en puissance de Twitter. Nous découvrons le monde de l’info en temps réel et un véritable compétition s’est installée pour être le premier à répercuter l’information.
Twitter est un formidable outil de veille, pour les entreprises, pour les particuliers, personal branding et les journalistes mais il faut être prudent lorsque l’on répercute de l’info car parfois elle est tout simplement fausse :

De tous les propos de circonstance que la mort de Michael Jackson a déclenché sur le web, la palme revient sans doute à une formule trouvée sur Twitter et signée David Miliband, le ministre des affaires étrangères britannique…
“Jamais personne n’est monté si haut pour plonger ensuite si bas. Repose en paix, Michael”. Pas mal troussé, non ? Sauf que David Milliband n’a jamais écrit cette phrase aux 140 signes maxi comme il convient à tout message de Twitter.
Le Foreign office a été obligé de démentir vendredi ce propos attribué à son chef en précisant avec un sens du laconisme très britannique : C’est pour nous le moment approprié de souligner que le secrétaire au Foreign Office n’a pas de compte Twitter. Le problème, c’est que la formule attribuée à David Milliband s’est retrouvée sur bon nombre de journaux sérieux comme le Guardian, le Daily Telegraph ou l’Evening Standard dont les journalistes ont, eux, des comptes Twitter.
Twitter comme Wikipédia sont des outils géniaux mais ils ne dispensent pas de tâches incontournables. Maintenant, je comprends que certains magazines peu scrupuleux sur la qualité de l’information mais à la recherche du scoop ne fassent pas le travail critique mais alors c’est au lecteur d’être conscient de ce qu’il lit.












Soyons réalistes: il n’y a aucune vérification sérieuse de l’information dans la majeure partie de la publication de presse d’actualité, pour la bonne raison que la vérification coûte cher et prend du temps, donc empêche le « scoop » instantané.
Notez que Wikipédia a commencé par refuser d’intégrer la nouvelle de la mort de Jackson, au motif que les sites d’information d’où elles provenait étaient peu fiables.
hello Pingouin, merci pour ta participation.
Un journal « sérieux » ne peut pas se permettre de publier des infos foireuses.
Wikipédia a très bien fait sur ce coup d’autant plus que l’info n’est pas sa vocation première.
Il faut donc arbitrer entre la vitesse et la fiabilité.
« la vérification coûte cher et prend du temps »
Quand même, un journaliste employé par de grands quotidiens britanniques comme le Guardian ou le Daily Telegraph pourrait passer un coup de fil ou envoyer un e-mail au Foreign office pour confirmer que ce compte Twitter appartient bien à David Milliband, à moins que ce soit de notoriété publique (si Milliband en avait parlé directement lors d’un entretien, etc). Imprimer des bêtises et se faire ridiculiser ensuite doit leur coûter plus cher que de vérifier l’information.
[...] un commentaire » via [...]
Adam: 1 information + 1 démenti = 2 nouvelles!