Enseignement, constat.
Liminaire : Ce billet se veut critique à l’égard de notre système d’enseignement. Pour améliorer les choses, il faut essayer de poser un diagnostique. C’en est un même si il est parcellaire. Ma conviction est que les acteurs du système essaient d’y survivre et ce n’est facile et souvent agréable pour personne.
Il est ici question de l’enseignement secondaire pas du supérieur. J’ai la chance de pouvoir explorer de nouvelles pistes dans mon travail. Mon but étant que mes étudiants acquièrent des compétences utiles et …. que cela leur plaise dans la mesure du possible puisque parfois apprendre comporte des contraintes et des efforts).
Le billet :
Avant toute chose, je vous invite à regarder ce qui peut se faire. Même si le reportage ne montre que le positif et est, sans doute, orienté, les résultats (à vérifier) sont là.
Le niveau de ces enfants est devenu très bon grâce aux initiatives laissées au corps enseignant.
Enjoy the video :
Le système mis en place en CF a un effet exactement contraire.
Les jeunes enseignants sont susceptibles d’apporter des innovations ne fut ce que parce qu’ils sont digital natives. Mais, dans la pratique, ils ne le font pas. Pourquoi ? Deux raisons
- D’une part, en début de carrière, les enseignants sont extrêmement vulnérables. Ils doivent ramer pour obtenir une attribution (et parfois c’est dans des écoles où vous ne voudriez même pas faire une simple visite) comme cela ils se rendent bien compte de la fragilité de leur situation. Ensuite, il suffit d’un rapport défavorable du seul chef d’établissement pour dire bye bye à son job pour l’année suivante et devoir repartir de zéro.
- D’autre part, le législateur a imaginé un nombre incalculable de textes qui parfois vont même jusqu’à se contredire. Je me souviens que lors de ma formation d’agréger le décret sur la neutralité a fait débat entre les formateurs. La raison, ils avaient beaucoup de mal à interpréter son contenu. La conclusion a été que le décret… était creux. Pourtant, d’éminentes personnes se trouvaient parmi les orateurs donc un prof de droit public/constitutionnel, un directeur d’école, un philosophe enseignant en université, ….Il est impossible de connaître les textes votés et le professeur de sociologie de l’éducation dont j’ai eu la chance de suivre le cours a eu pour conclusion, il faut repartir d’une feuille blanche.
Alors ces jeunes enseignants, que font-ils donc ? Que feriez-vous à leur place ?
Dans un premier temps, on observe, c’est un milieu nouveau. Ensuite timidement, on pose discrètement l’une ou l’autre question. Petit à petit, sur base de conseils et d’observations, le jeune enseignant reproduit les comportements.
Pourquoi ? Vous connaissez le dicton : « Mieux vaut avoir tort avec tout le monde que raison tout seul ». En faisant le même que les autres, on se met à l’abri. Qui va pouvoir reprocher de faire quelque chose que les autres font déjà ?
Exit donc toute initiative, c’est en partie pour cela que l’on enseigne aujourd’hui comme cela se faisait il y a 20 ans.
Ce faisant, l’enseignement est complètement inadapté à une grande partie des enfants. Pour ces enfants, c’est se soumettre ou échouer. L’enseignement ne forme pas il formate. Le drame de notre système, c’est que redouble, pas seulement ceux qui sont moins capables mais ceux qui ne sont pas dans le « moule ».
Lisez ce texte d’Helen G. Buckley qui, de façon imagée, montre bien ce qui se passe.
« Il était une fois un petit garçon qui allait à l’école. Il était vraiment petit et l’école était très grande. Mais lorsqu’il se rendit compte qu’il pouvait entrer directement dans sa classe en arrivant de dehors il était très content.
L’école ne lui semblait alors plus aussi grande qu’avant.
Un bon matin,le petit garçon allait à l’école depuis déjà quelque temps,
son professeur dit à toute la classe: «Aujourd’hui, nous allons dessiner.» Le petit garçon était très content parce qu’il aimait beaucoup dessiner. Il pouvait dessiner toutes sortes de choses: des tigres et des lions, des poules et des vaches, des trains et des bateaux, et encore. Il sortit ses crayons de couleur et se mit à dessiner.
Mais son professeur ajouta alors: «Attendez, nous ne sommes pas encore prêts à commencer!» Puis elle attendit que tous élèves la regardent avant de poursuivre.
«Très bien, dit-elle, nous allons dessiner des fleurs.» «Parfait», dit le petit garçon. Il aimait beaucoup dessiner des fleurs. Et il se mit à en dessiner de très belles, des roses, des orangées, des bleues…
Encore une fois le professeur lui dit: «Attendez! je vais vous montrer comment faire.» Elle dessina une fleur rouge avec une tige verte.
«Voilà», ajouta-t-elle, vous pouvez maintenant commencer.»
Le petit garçon examina la fleur qu’elle avait dessinée.
Puis il regarda les siennes. Il aimait mieux les siennes, mais il n’en dit rien. Il retourna sa feuille de papier et dessina une fleur comme celle que son professeur avait dessinée. Rouge avec une tige verte.
Quelques jours plus tard, le petit garçon ouvrit la porte de la classe tout seul et entra. Et le professeur leur dit: «Aujourd’hui nous allons travailler l’argile.» «Bravo», se dit le petit garçon. Il aimait travailler l’argile.
Il pouvait faire toutes sortes de choses avec de l’argile: des serpents et des bonhommes de neige, des éléphants et des souris, des voitures et des camions, et encore.
Et il se mit à rouler sa boule d’argile et à la modeler.
Mais le professeur s’exclama: «Attendez! Nous ne sommes pas encore prêts à commencer!»
Et elle attendit que tous ses élèves la regardent attentivement.
«Très bien», continua-t-elle, nous allons faire une assiette.» «Parfait», se dit le petit garçon. Il aimait faire des assiettes. Il se mit au travail et fit plusieurs assiettes de différentes formes et de différentes grandeurs.
Puis son professeur ajouta: «Attendez! je vais vous montrer comment faire.» Et elle leur montra comment faire une assiette creuse. «Voilà, s’exclama-t-elle, vous pouvez maintenant commencer.»
Le petit garçon regarda l’assiette du professeur, puis les siennes.
Il préférait ses assiettes à celle du professeur. Mais il n’en dit rien.
Il reprit son argile, en refit une grosse boule et copia l’assiette du professeur. Elle était creuse.
Et le petit garçon apprit très vite à attendre. À regarder,et à tout faire de la même façon que son professeur. Et il cessa très vite de faire des choses à sa propre façon.
Puis, un bon jour la famille du petit garçon déménagea dans une autre ville et il dut alors fréquenter une autre école.
Cette école-là était encore plus grande que l’autre. Et il ne pouvait pas entrer directement dans sa classe. Il devait monter de longs escaliers et parcourir de longs corridors avant d’arriver à sa classe.
Et le premier jour où il y alla, son nouveau professeur dit
«Aujourd’hui, nous allons faire du dessin.» «Parfait», se dit le petit garçon, et il attendit que le professeur lui montre comment faire. Mais le professeur ne dit alors rien de plus et elle se mit à circuler dans les rangées.
Lorsqu’elle arriva tout près de notre petit garçon. Elle lui dit:
«Tu n’as pas envie de dessiner?
— Mais oui, lui répliqua-t-il. Qu’est-ce que je vais dessiner?
— Je ne le sais pas, lui répondit-elle, c’est ce que nous allons voir lorsque tu auras terminé.
— Comment dois-je faire? dit le petit garçon.
— Comme tu veux, lui dit-elle.
— De quelle couleur? demande-t-il.
— À toi de choisir, lui répondit-elle. Si tous les élèves dessinaient la même chose de la même couleur, je ne pourrais jamais savoir qui a dessiné quoi!
— Je ne sais pas», ajouta le petit garçon.
Et il se mit à dessiner…………………….. une fleur rouge avec une tige verte. »
L’inflation des textes et la précarisation des jeunes enseignants sont à mon avis deux phénomènes qui étouffent toute initiative.
Pour terminer deux vidéos virales sur l’éducation 2.0, surement réductrice mais pour rêver de lendemains meilleurs










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