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Je trouve beaucoup de choses intéressantes dans ces écrits. Je voudrais ajouter ma perception du social learning :
1. Introduction : Qu’est-ce que le conflit socio-cognitif ?
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A retenir :
« Doise et Mugny présentent les intéractions entre pairs comme source de développement cognitif à condition qu’elles suscitent des conflits socio-cognitifs. Selon eux, l’interaction sociale est constructive dans la mesure ou elle introduit une confrontation et des conceptions divergentes. »
2. Le coeur de la question. Objectifs poursuivis par les intervenants : Compétition ou Coopération ?
Le désaccord sur la réponse à donner à une question complexe, introduit le doute dans l’esprit des apprenants. Ce doute génère une réflexion supplémentaire et un questionnement sur la validité de chaque réponse. Donc chacun va se poser la question des raisons pourlesquelles les autres réponses pourraient être bonnes.
Les experts appellent cela la régulation épistémique du conflit.
Dans une optique collaborative, la régulation épistémique peut se produire. Chacun perçoit alors les autres comme ayant des compétences compatibles avec les siennes. Le conflit n’est donc pas une menace vis à vis de ses propres compétences.
Dans une optique compétitive, les compétences des autres sont perçues comme une menace. La régulation du conflit va, dans ce cas, probablement se faire dans une optique relationnelle.
Les contextes ont donc une influence considérable sur le succès du social learning.
- En milieu scolaire, la compétition ne devrait pas être la règle (bien que des études montrent que les notes distribuées par les enseignants ont souvent tendances à suivre une distribution Gaussienne) et donc le milieu est appropriée pour la régulation épistémique.
- En entreprise, l’organisation et la structure font que les collègues peuvent être perçu comme des concurrents et une optique compétitive existe. Cela peut avoir des vertus et amener de l’émulation mais ce n’est pas favorable au social learning. Pour mettre en place une telle démarche, il faut donc faire un travail de fond considérable pour supprimer l’aspect compétition du processus. Cela peut, par exemple, être la mise en place d’un système d’évaluation établit sur des critères clairs. Ces critères doivent clairement reposer sur un objectif de maîtrise (acquisition de nouvelles connaissances).
La manière dont le conflit est présenté aux intervenants a aussi toute son importance. Dans un conflit épistémique, les réactions sont centrées sur la tâche mais sans menacer les compétences des intervenants (ex : il me semble que c’est autre chose, j’aurais cru que cela débouchait sur une autre réponse,…) tandis que dans le conflit relationnel, la personne est mise en jeu (ex : tu n’as pas bien compris ?, cela ne veut rien dire, tu te trompes,…).
Dans cette optique, un travail préalable est donc à fournir pour expliquer l’intérêt de la mise en place d’un dispositif de social learning aux futurs apprenants. Et les règles de base indispensable à son bon fonctionnement sont à établir dès le départ.
3. Quid de l’asymétrie des rapports ?
Il faut distinguer un conflit entre pairs d’un conflit où la hiérarchie et/ou les compétences sont différentes. Cela peut être au niveau prof/étudiants ou au niveau supérieur hiérarchique/employés.
La compétence du supérieur ou du professeur ne doit pas représenter une menace pour les autres intervenants. Un jugement relatif pourrait faire que la compétence de l’un soit le reflet de l’incompétence des autres. Dans ce type de relation et de conflit, il est indispensable d’évacuer la peur de ne pas être de l’avis du supérieur. Sinon, les intervenants vont se placer dans une optique d’imitation craintive.
Le type de management a donc une importance considérable et dans certaines entreprises, la mise en place du social learning risque d’être compliquée.
4. Dans conflit socio-cognitif, il y a le mot conflit.
Certains rechignent à s’engager dans un conflit. Le terme en lui-même est connoté négativement. Dans le cas qui nous occupe, le conflit est positif. Diverses raisons peuvent inciter les intervenants à éviter les conflits. La porte de sortie facile étant dans ce cas de figure la complaisance. La personne fuyant le conflit par facilité ou par crainte aura tendance à accepter la solution proposée par une autre partie. L’éviction du conflit est donc à proscrire puisque opposée au but recherché.
5. Dans ma pratique
Avec mon site isexl.com et la gestion de blogs par les étudiants en marketing, j’ai la volonté de mettre les étudiants dans une optique collaborative. Je crois fermement aux vertus du social learning en milieu scolaire.
Voici quelques réflexions et pistes d’amélioration suite à cette expérience :
- La démarche nécessite un investissement personnel important et de la patience (ce qui me manque parfois).
- Comme je vous en ai déjà parlé dans ce billet, j’essaie de montrer l’intérêt de la démarche en les plaçant dans une optique à moyen terme et professionalisante.
- Il me faut être attentif à la perception qu’ont certains étudiants de leur capacité à réaliser la tâche. Pour certains, cela peut paraître insurmontable (mais l’aide des pairs vient souvent annuler cette réticence).
- La démarche nécessite un temps de mise en route plus ou moins long selon les étudiants. Il est donc important de pouvoir les laisser apprivoiser les outils et la démarche à leur rythme.
- En aucun cas, les étudiants ne sont mis en concurrence. Au contraire, je prône l’entraide. Pour le moment, elle a lieu mais est encore trop désorganisée à mon goût. Par exemple, j’aimerais que les étudiants qui sont confrontés à un problème et qui ont trouvé une solution rédigent un tutoriel pour la partager avec leurs pairs.
- L’évaluation ne repose plus uniquement sur un examen ou sur des contrôles ponctuels. La progression réalisée peut aussi entrer en compte.
Je profite de ce billet pour remercier les étudiants en marketing de l’ISE pour l’enrichissement mutuel qu’ils nous apportent et pour l’implication de la plupart d’entres eux dans cette démarche.
Je vous recommande la lecture de cet ouvrage source Apprendre et faire apprendre si la thématique vous intéresse.






