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L’espoir fait vivre

1-. la crise, nouvelles déclarations

Me voilà encore avec la crise, la dernière fois c’était il y a un mois (voir billet). Je vous invite à découvrir les interviews, réalisées sur France Inter, de Jean Hervé Lorenzi et Jean Paul Fitousi. La langue de bois n’est pas de rigueur et ils utilisent des phrases fortes  :

  • Une large partie des bilans bancaires sont encore en difficulté
  • Les gouvernements n’ont pas mis des conditionnalités suffisantes au sauvetage du système bancaire
  • cette crise est d’une ampleur sans précédent et on en sort pas en quelques mois
  • l’idée que l’on sorte de la crise est fausse
  • il fallait faire un discours général sur la sortie de la crise
  • le discours des gouvernements a été manipulé
  • il y a un problème de lobby du système financier qui a agit fortement sur les gouvernements
  • le secteur financier prélevait 40% des profits de l’économie

source vidéo

D’une part ,au vu de l’évolution des déséquilibres qui sont plus grands aujourd’hui qu’avant le début de la crise, je suis plutôt pessimiste sur l’évolution générale du bien être à court-moyen terme. Le chômage, les faillites, les licenciements massifs devraient rester des sujets d’actualité dans les prochains mois.

2-. Les problèmes à long terme

D’autres part des problèmes structurels déjà présents avant l’apparition de la crise me paraissent aujourd’hui insoluble et notamment celui des pensions.

Voici un document sorti juste au début de la crise en février 2008 (dans les deux langues français et néerlandais) qui a alimenté ma réflexion :

  • Le pacte de stabilité prévoyait un excédent budgétaire de 0,7% dès 2005. Mais on est arrivé à peine à l’équilibre !!

Un passage savoureux (si je puis dire) :

« Dans la situation présente, c’est loin d’être le cas comme le montre la projection de long terme à politique constante réalisée par le Bureau fédéral du Plan. Il en ressort que, bien qu’une politi?que de solde budgétaire nul ou en léger surplus soit réalisable sans effort d’ajustement supplé?mentaire jusqu’en 2020 environ, le constat qui prévaut pour le plus long terme est celui d’une trajectoire explosive de la dette publique. »

Cela signifie que, en partant de l’hypothèse d’un solde budgétaire et équilibre voire légèrement supérieur jusqu’en 2020, la dette allait augmenter de façon explosive à long terme. Près de 2 ans plus tard, on a connu des déficits énormes et notre ministre des finances pense que l’on reviendra dans les conditions du pacte de stabilité en… 2013. Pour rappel le pacte de stabilité, ce n’est pas l’équilibre mais un déficit limité à 3% !!

  • Autres passages :

« A politique cons?tante, le Fonds de vieillissement n’atteindra d’ailleurs pas ses objectifs : il ne pourra financer l’augmentation des dépenses des différents régimes de pensions légaux que jusqu?en 2025 (alors que la loi sur le Fonds de vieillissement prévoit des transferts jusqu?en 2030). »

A politique constante, le sustainability gap s’élève actuellement à 1,5% du PIB. Le sustainability gap mesure l’effort immédiat et permanent en termes de solde primaire qui permettrait de ga?
WORKING PAPER 5-08
rantir le respect de la contrainte budgétaire intertemporelle de l’Etat, définition la plus commu?nément admise de la soutenabilité budgétaire. Si cet effort est réalisé, alors toutes les généra?tions futures pourront bénéficier du même régime de prélèvements et prestations que la généra?tion actuelle, ce qui correspond à une certaine idée de l’équité intergénérationnelle.
« A politique constante, le sustainability gap s’élève actuellement à 1,5% du PIB. Le sustainability gap mesure l’effort immédiat et permanent en termes de solde primaire qui permettrait de garantir le respect de la contrainte budgétaire intertemporelle de l’Etat, définition la plus commu?nément admise de la soutenabilité budgétaire. Si cet effort est réalisé, alors toutes les générations futures pourront bénéficier du même régime de prélèvements et prestations que la généra?tion actuelle, ce qui correspond à une certaine idée de l’équité intergénérationnelle. »
Il fallait en 2008 améliorer la situation budgétaire de 1,5% (alors que le document partait sur une hypothèse d’équilibre) pour :   » alors toutes les générations futures pourront bénéficier du même régime de prélèvements et prestations que la génération actuelle« .
Sachant que toutes les hypothèses de travail reprises dans le document ont été balayée par la crise et que même avec ces hypothèses, il restait des efforts importants à accomplir, comment aujourd’hui nos dirigeants vont-ils pouvoir faire en sorte que le système des retraites survive dans un état proche de celui actuel. A mon avis, c’est une équation insoluble. surtout que l’on est loin d’être sorti de cette crise et que ramener le déficit à moins de 3% en 2013 me parait surréaliste.

3-. Le discours doit changer

A un moment, il faudra prendre les problèmes à bras le corps et arrêter la langue de bois pour rassurer l’électeur. Et malheureusement, certains discours très démagogiques qui privilégient le présent au détriment du futur ne risque pas d’aider à la prise en compte des problèmes.
Voyez cette vidéo d’un syndicat dont la conclusion est pour le moins étonnante :
Regardez à partir de la 25ème minute :


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